La chrononutrition : Pas pour les sportifs

La chrononutrition n’est, dans les grandes lignes, pas à proprement parler un régime mais un mode d’alimentation basé sur la réorganisation des repas, selon des règles dictées par notre horloge biologique.

Si le régime établi par son créateur intègre dans les faits une réduction calorifique drastique (ce qui engendre réellement la perte de poids) en plus de quel moment manger quoi, c’est plus l’idée de « manger au bon moment » qui m’a intéressé. Explications.

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Le concept de chrononutrition

Mise en oeuvre par un français, le Docteur Delabos, dans le milieu des années 80, la chrononutrition est une méthode permettant de mincir dans la durée « sans se priver ». Ce qui signifie que l’on peut tout manger ou presque (fromage, pain, chocolat, matières grasses…) tant que l’on respecte les règles de chronologie dans leur consommation, car c’est sur cela que la chrononutrition se base : vous ne pouvez pas prendre n’importe quel aliment à n’importe quel moment de la journée !

Il faut donc, si les concessions sont très faibles au niveau des menus, se plier à une véritable réorganisation de son mode d’alimentation (et de son mode de vie !)

Chrononutrition : s'alimenter au bon moment

Le docteur Delabos est parti du principe que l’humain se fiait plus à son goût et à ses obligations sociales qu’à ses besoins instinctifs, et qu’il a perdu cette capacité de se nourrir en respectant la chronobiologie du corps. La méthode se veut donc être faite non pas pour maigrir, mais pour « mincir », et en cela, l’homme moderne doit, selon le créateur de la chrononutrition, manger gras le matin, dense le midi, sucré l’après-midi et léger le soir.

L’idée de rééquilibrer son alimentation pour être mince est séduisante, et fonctionne pour la plupart des personnes, même si la méthode a souvent été décriée : pour être réellement efficace, il faut bien entendu limiter son apport calorique journalier… à 1500 Kilocalories pour une femme d’après le livre, et 1800 kilocalories pour un homme !

L’auteur a par la suite lancé la morphonutrition, selon laquelle il pouvait, grâce à la morphologie des patients, définir de quel ordre étaient leur déséquilibre alimentaire. Je n’adhère évidemment pas du tout à ce concept, tant la génétique joue un rôle prépondérant dans la répartition des masses graisseuses sur le corps de chacun…

Une journée type de chrononutrition

L’adage du Docteur Delabos est de manger les bons aliments, quand il le faut et en bonne quantité : « Gras le matin, dense le midi, sucré l’après-midi et léger le soir ». Ainsi, il recommande d’espacer chaque repas ou collation de durées précises, afin de ne pas avoir de contraintes horaires et pouvoir adapter sa méthode à tout emploi du temps :

  • prendre le petit déjeuner dans l’heure suivant le réveil
  • prendre le déjeuner environ 5 heures après le petit déjeuner
  • prendre une collation environ 5 heures après le déjeuner (qui pourra remplacer le dîner)
  • prendre le diner au minimum 1h30 après la collation et au maximum 1h30 avant le coucher

Quant aux quantités, c’est selon cas, le conseil étant de se baser sur des journées à 1500 Kilocalories (pour les femmes, 1800 pour les hommes), avec 2 « cheat meal » (repas libres) autorisés chaque semaine ! Autant vous dire qu’il s’agit d’une véritable privation pour une personne un tant soit peu sportive.

Voici un exemple de repas typique d’un régime de type chrononutrition :

  • Petit déjeuner : pain complet, beurre ou fromage, œufs voire charcuterie
    Manger gras le matin permet d’éviter le coup de barre avant le déjeuner. Les sucres rapides sont exclus (donc exit les céréales et le lait !)
  • Déjeuner : viande ou poisson, féculents (de préférence) ou légumes
    Repas de type « plat unique », riche en protéines mais beaucoup moins de lipides, il doit être consistant mais simple : pas d’entrée, ni de fromage ou dessert.
  • Collation : chocolat noir ou fruits secs, fruits frais ou jus de fruit
    L’apport de sucre au goûter doit permettre de limiter la faim le soir, dont le repas doit pouvoir rester léger. On y évitera par contre tout ce qui est laitages et dérivés, et plus généralement à base de protéines animales.
  • Diner : poisson ou fruits de mer ou viande blanche, légumes verts
    Un dîner léger, avec peu de glucides et de lipides, car la nuit approchante n’offre pas un grand métabolisme et favorise donc le stockage par l’organisme. Manger léger le soir permet également de mieux dormir !

Mon avis sur la chrononutrition

Bien que n’ayant jamais testé au sens strict du terme la chrononutrition, j’en ai retiré les choses qui sont par ailleurs scientifiquement prouvées (avec les mécanismes physiologiques, notamment sur la sécrétion d’insuline lors de l’ingestion de glucides)

Dans ma pratique sportive, j’ai donc pris parti d’inclure une collation matin et après-midi les jours d’activité physique, sous forme de fruits ou fruits secs (qui apporteront donc des glucides) ; je ne me prive pas pour autant d’inclure des fruits lorsque je cuisine, étant adepte du sucré-salé. Mais j’évite tant se faire que peu la consommation de sucre lors de mes repas, même si je ne me prive pour ainsi dire jamais quand l’occasion se présente.

J’ai également éradiqué les féculents le soir, préférant les consommer comme indiqué le midi, en quantité et à un rythme très modérés me concernant ; d’aucun diront que consommer des féculents (sources riches en glucides) le soir « pour bien dormir », la seule chose étant certaine est que cela favorise grandement leur stockage !

Enfin, j’ai repris cette idée de 2 repas « libres » par semaine (parfois moins, parfois plus !) car il est important, psychologiquement, de préserver les petits plaisirs de la vie.

Manger les bonnes choses, au bon moment : un moyen de limiter les pics d'insuline, et donc le stockage des graisses !

Cette approche permet à mon sens, sans grandes contraintes, d’optimiser (un peu) la qualité de son alimentation, et de manger un peu moins et mieux. Mais si vous voulez vraiment perdre du poids, oubliez : cela permettra (au mieux) d’équilibrer votre alimentation et de limiter les phases de sécrétion d’insuline, qui favorisent le stockage des graisses.

Sous sa forme stricte, la chrononutrition doit très certainement être efficace, puisqu’on entre dans une alimentation hypocalorique (en d’autres termes, rien que le métabolisme basal doit être supérieur à l’apport en calories « conseillé » par cette méthode !) ; mais je ne la conseille pas, car les apports en calories sont largement insuffisants, surtout si vous êtes une personne ayant une activité physique journalière.

Mon conseil : en reprendre les grandes lignes, et coupler cela à une alimentation équilibrée (vous ne devez pas avoir faim !) et surtout, pratiquer de l’activité physique chaque jour, à votre niveau !

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